Débat du soir, bonsoir ...
Hier, je me suis un peu pris la tête avec un ami journaliste ...
Notre débat, relatif à mon dernier post, portait sur le procès d'Outreau, procès médiatique avant tout.
Outreau, cette affaire qui a soulevé la France ...
Pourquoi l'a t elle soulevé ? Car 14 innocents ont été envoyé en prison par un juge d'instruction qui apparait maintenant comme peu scrupuleux, ayant jugé à charge et jamais à décharge. Et un innocent s'est suicidé.
Revenons un peu au début de l'affaire d'Outreau ...
Ces 14 personnes étaient jugées par un juge d'instruction. La presse s'est passionnée pour cette affaire, mettant la présomption d'innocence de côté, et a rendu coupable ces 14 personnes, sans autre forme de procès que le lynchage médiatique. La presse n'avait biensur rien en main qui permettait de déclarer formellement que ces 14 personnes étaient coupables, mais ne se souciant guère de cet aspect purement formel, avait déversé son venin.
Revirement de situation, il apparaitrait que ces 14 personnes ne soient plus coupables (plus que 13 d'ailleurs puisqu'entre temps une des personnes s'est suicidée.)
Il y a un jugement en appel et les accusés ressortent libres.
Les médias encore une fois se passionnent pour cette affaire, juge cela de désastre judiciaire etc.
Sur le fond ils n'ont pas tort, c'est clairement un désastre judiciaire.
Mais comme à tout effet, il y a une cause, il faut trouver cette cause.
Apparait donc un dysfonctionnement dans la procédure. Le juge d'instruction n'aurait pas jugé à charge/décharge mais uniquement à charge. Il serait resté borné sur le fait que ces 14 personnes étaient des pédophiles. J'utilise le conditionnel car rien n'a encore été jugé et, à ce que je sache, tant que rien n'a été jugé, on est présumé innocent en France.
N'ayant cure, encore une fois, de la présomption d'innocence, la presse se met à lyncher le juge Burgaud.
Hier ce fut frappant, dans Mots Croisés sur France 2, à part l'avocat du juge Burgaud, personne ne mettait en avant la présomption d'innocence. Même pas le journaliste qui se doit, normalement, d'être impartial et de ne prendre fait et cause pour aucune des deux parties. Hors là, il parlait d'incompétence, de culpabilité et jamais d'innocence.
Alors moi ce qui me pose problème, c'est que, normalement, à toutes histoires on en tire des conséquences. De ces conséquences doivent, normalement, apparaitre des leçons de vie. Hors là, par deux fois les médias se sont jetés à corps perdu dans ces histoires judico-judiciaire, niant les règles élémentaires du droit francais, et ils recommencent une troisième fois.
Alors que le juge n'a pas encore été entendu par la commission d'enquête parlementaire, on fait des émissions sur cela.
Je pense biensur, que s'il y a eu manquement grave à l'éthique judiciaire, au droit francais, à la procédure pénale etc. , le juge Burgaud devra être punis.
Cependant, je pense qu'il serait assez bon de faire un "procès" aux médias. Ils ont un pouvoir immense sur l'opinion. C'est le nouvel outil d'aliénation de masses. (Pour paraitre "in", paraissons marxiste) Maintenant on ne peut se passer des médias, quelqu'un qui veut réussir est quelqu'un qui arrivera à manipuler les médias.
Les médias ont un pouvoir phénoménal. Arriver à faire virer l'opinion du jour au lendemain. Un exemple des plus concrets est l'affaire Gaymard. Est ce qu'un appartement de 600m² valait il le lynchage médiatique qu'il y a eu ? Est ce qu'un appartement de 600m² valait il la fin pure et simple d'une carrière publique et politique de 40 ans ? (pas fin pure et simple, mais remise à 0 complet). A mon avis non. Et je ne dis pas ca car je suis de droite, pour un mec de gauche ma réaction aura été sensiblement la même.
Ensuite 2002 fut une campagne médiatique et non présidentielle. Si Neunoeil de St Cloud est passé au second tour, c'est, EN PARTIE, grâce, ou à cause des médias qui nous présentaient une France au bord de la guerre civile.
Seul contre exemple, qui finalement n'en est pas un, c'est le TECE. La majorité des médias étaient pour le TECE. Le seul problème c'est que ce référendum ne reposait pas sur quelque chose de concret. Je m'explique. A part dire qu'il fallait voter oui, on ne pouvait pas montrer un polonais de base qui travaillait avec un salaire plus elevé que celui d'un francais, on ne pouvait pas montrer de choses concrètes car tout reposait sur des thèmes totalement abstraits. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre, j'ai un peu de mal à expliquer ce que je pense, mais que les médias disent : il faut voter oui, ne change rien à l'affaire. Ce qui change à l'affaire c'est l'impact des images, l'impact des choses concrètes montrées aux télespectateurs, là, on l'occurence à part des choses totalement abstraites comme des mots et des visages, il paraissait difficile de bien "aliéner les masses".
Finalement à la fin de mon débat d'hier pour moi, ferme sur mes positions, il fallait que cette enquête parlementaire se fasse à huis clos et lui ce procédé est directement lié à Moscou du temps de l'URSS qui règlait ses affaires en secret ... Que voulez vous répondre à ca ?
17H30 : J'apprends que Marécaux a tenté, encore, de se suicider. Ce n'est pas quelque chose qui va aller dans le sens de ma thèse (ne pas réagir sous état de choc mais bon ...)
Bon rétablissement à lui.
24/01/06 - 21:04
Au sujet des affaires d'argent et de politique (Gaymard, Dumas, etc...), il ne faut pas oublier que les hommes politiques se servent des mêmes médias pour établir leur carrière et leur ascension professionnelle... Il est pas scandaleux que les mêmes outrances des médias se fassent sentir en cas d'erreur de l'homme politique.
blind_lover